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Vérifier les assurances d’un contractant général avant signature

En bref

  • Avant de signer un contrat de contractant général, trois documents sont à exiger : Kbis récent (immatriculation et solidité financière), attestation de garantie décennale en cours de validité, responsabilité civile professionnelle (RC pro) couvrant les dommages causés pendant le chantier.
  • Une assurance suspendue pour défaut de paiement ne couvre pas les chantiers démarrés pendant la suspension. La date d’effet et l’étendue de la fondations à la toiture">étanchéité et la protection du bâtiment en toiture, posés sur la charpente selon la pente et la région">couverture doivent correspondre à votre projet.
  • Le refus de communiquer ces pièces, ou des attestations datant de plus de 6 mois, est un signal d’alerte sérieux. Un contractant général sérieux les transmet en 24 à 48 heures par mail.

Pourquoi vérifier les assurances d’un contractant général ?

Aucun agrément d’État ni qualification obligatoire ne contrôle l’activité de contractant général. N’importe quel professionnel du bâtiment peut s’en revendiquer, à condition d’avoir les assurances réglementaires. Ce sont précisément ces assurances qui vous protègent en cas de défaillance ou de sinistre.

Vérifier ces pièces avant la signature prend une heure. Découvrir une assurance non valable après un sinistre peut coûter des dizaines de milliers d’euros et des années de procédure. C’est l’une des vérifications les plus rentables que vous puissiez faire dans la phase pré-contrat. Cette précaution s’ajoute aux clauses du contrat à vérifier.

Document 1 : Kbis et solidité financière

L’extrait Kbis est la carte d’identité légale de l’entreprise. Il est délivré par le greffe du tribunal de commerce et accessible librement sur Infogreffe. Demandez-en un de moins de 3 mois : un Kbis ancien peut masquer un changement de situation récent.

  • Date de création : une entreprise de moins de 2 ans présente un risque accru (rodage, absence d’historique).
  • Capital social : un capital de 1 000 euros pour une activité qui brasse des centaines de milliers d’euros traduit une protection limitée des dirigeants.
  • Forme juridique : SAS, SARL, EURL, SA. Évitez les structures auto-entrepreneur ou micro pour des chantiers de plus de 50 000 euros.
  • Objet social : il doit mentionner explicitement la maîtrise d’œuvre, le contractant général ou la construction tous corps d’état.
  • Procédures collectives : aucune mention de redressement ou de liquidation en cours.
  • Bilans annuels : consultables sur Infogreffe pour quelques euros. Cherchez une trésorerie positive et un résultat net non déficitaire depuis 2 ans.

Document 2 : Attestation de garantie décennale

L’attestation de garantie décennale est obligatoire avant l’ouverture du chantier (article L241-1 du Code des assurances). Elle est délivrée par l’assureur du contractant général et doit être présentée à chaque nouveau client.

  • Date de validité : l’attestation est annuelle. Sa date doit couvrir au minimum la durée prévue de votre chantier. Demandez aussi la quittance du dernier paiement pour vérifier qu’aucune suspension n’est en cours.
  • Activités garanties : la décennale couvre des activités précises (gros œuvre, second œuvre, plomberie, etc.). Vérifiez que votre type de projet entre dans le périmètre. Une décennale « maison individuelle » ne couvre pas un projet d’immeuble collectif.
  • Zone géographique : certaines polices excluent les DROM ou limitent à la métropole. Confirmez la couverture pour votre département.
  • Plafond de garantie : la plupart des contrats plafonnent à 5 ou 10 millions d’euros par sinistre. Sur un gros chantier tertiaire, vérifiez que le plafond reste supérieur au coût total des travaux.
  • Franchise : à votre charge en cas de sinistre. Une franchise élevée (au-delà de 5 000 euros) peut bloquer le contractant en cas de petit sinistre, surtout si sa trésorerie est tendue.
  • Sous-traitants couverts : la décennale du contractant général ne couvre pas automatiquement ses sous-traitants. Demandez aussi les attestations des principaux corps d’état.
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Vérifier l’authenticité de l’attestation

Le marché compte malheureusement des fausses attestations. Pour confirmer l’authenticité, appelez l’assureur émetteur et demandez confirmation à partir du numéro de police affiché. Cette vérification prend 5 minutes et coupe court à tout risque de fraude documentaire.

Document 3 : Responsabilité civile professionnelle

La RC pro couvre les dommages causés à des tiers pendant l’exécution du chantier : votre voisin dont la voiture est endommagée par une benne, le passant blessé par un outil qui tombe d’un échafaudage, l’inondation chez le voisin du dessous. Cette garantie est distincte de la décennale qui ne couvre que les désordres affectant l’ouvrage lui-même.

  • Plafond corporel : doit dépasser 5 millions d’euros par sinistre (les dommages corporels graves coûtent vite cher).
  • Plafond matériel et immatériel : 1 à 2 millions d’euros par sinistre suffit dans la plupart des cas.
  • Couverture des sous-traitants : précisez ce point dans le contrat, sinon la RC pro du contractant ne couvre pas leurs dommages.
  • Date de validité et quittance : mêmes vérifications que pour la décennale.

Modèle de mail pour demander les attestations

Inspirez-vous du modèle suivant. Il est neutre, professionnel et obtient en général une réponse sous 48 heures chez les contractants généraux sérieux.

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Modèle de mail

Objet : Pièces à transmettre avant signature de contrat

Bonjour,

Dans le cadre du projet [adresse, type] que nous prévoyons de vous confier, je souhaite vérifier vos couvertures avant la signature du contrat. Pourriez-vous me transmettre les pièces suivantes :

1. Extrait Kbis de moins de 3 mois.
2. Attestation de garantie décennale en cours de validité, mentionnant les activités garanties et le périmètre géographique.
3. Attestation de responsabilité civile professionnelle.
4. Quittances des deux derniers paiements de primes pour les deux assurances précitées.

Je vous remercie par avance.

Cordialement,

Les red flags à repérer

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Signaux d’alerte sérieux

Plusieurs comportements doivent faire reculer la signature : refus de communiquer les pièces, attestations de plus de 6 mois non actualisées, incohérence entre la dénomination Kbis et les attestations (deux entités différentes), activité garantie ne correspondant pas au projet, plafond de garantie inférieur au montant du marché, franchise excessive, antécédents de procédures collectives dans les 5 dernières années. Si plusieurs de ces signaux sont présents, changez de contractant.

Un contractant général sérieux comprend la démarche et la facilite. Vous ne tatillonnez pas, vous protégez votre patrimoine. Tout professionnel qui s’agace ou évite la transmission de ces pièces n’a pas la maturité requise pour gérer un chantier complexe. Pour comparer plusieurs propositions de contractants généraux ayant prouvé leur solidité, demandez votre étude gratuite via notre réseau.

Sources et références

  1. Code des assurances, articles L241-1 et suivants (assurance décennale obligatoire) : Légifrance.
  2. Code de commerce (registre du commerce et des sociétés, Kbis) : Légifrance.
  3. Infogreffe (registre national du commerce et des sociétés) : infogreffe.fr.
  4. Institut national de la consommation (INC) : inc-conso.fr.
  5. Agence Qualité Construction (AQC) : qualiteconstruction.com.
  6. Fédération Française du Bâtiment (FFB) : ffbatiment.fr.
  7. Service-Public.fr : Extrait Kbis.
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