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Prix des terrains constructibles : les écarts réels entre régions

Le prix d’un terrain constructible s’établit en moyenne à 102 euros le mètre carré en France, selon le dernier millésime de l’enquête EPTB publié en novembre 2025 par le SDES, le service statistique du ministère chargé du logement. Derrière cette moyenne, les écarts régionaux sont massifs : 55 euros le mètre carré en Bourgogne-Franche-Comté, 227 euros en Île-de-France. Un rapport de un à quatre, avant même de parler de viabilisation ou d’étude de sol.

Pour un futur maître d’ouvrage qui chiffre son budget global, terrain compris, la région d’implantation pèse donc autant que le choix du mode de construction. Tout ce qui suit sort de cette enquête publique, millésime 2024 : des repères solides, à affiner ensuite au niveau du département puis de la commune.

Ce que mesure l’enquête EPTB, la seule source officielle

L’EPTB (enquête sur le prix des terrains à bâtir) est conduite chaque année par le SDES auprès des particuliers ayant obtenu un permis de construire pour une maison individuelle. Elle croise le prix du terrain, sa surface, le coût de la maison et le profil des ménages. C’est la référence utilisée par l’administration, les collectivités et les observatoires du foncier. Le dernier millésime porte sur les terrains achetés en 2024, avec une publication datée de novembre 2025 : un décalage d’un an à garder en tête quand vous comparez avec des annonces actuelles.

Les repères nationaux de ce millésime : un terrain acheté pour faire construire coûte en moyenne 95 000 euros pour une surface moyenne de 932 m², soit 102 euros le mètre carré. La maison elle-même revient en moyenne à 225 500 euros. Le budget total moyen d’un projet, terrain et construction, atteint 313 700 euros, un montant quasi stable par rapport à 2023. Ces moyennes sont calculées par l’enquête sur des ensembles de réponses qui ne se recouvrent pas tout à fait : la somme terrain plus maison ne retombe pas au centime sur le total publié. Détail qui compte pour la suite : la surface moyenne des parcelles recule de 2,6 % sur un an, alors que le prix au mètre carré progresse de 1,7 %. Les terrains rétrécissent plus vite que les budgets ne baissent, et c’est ce mouvement de fond qui soutient le prix du foncier malgré la crise de la construction.

Le contexte compte aussi : 69 000 projets de maisons individuelles ont été autorisés en 2024, en chute de 21 % sur un an. C’est le plus bas niveau depuis plus de cinquante ans. Moins de projets, mais des prix de terrains qui continuent de progresser dans la majorité des régions.

Prix d’un terrain constructible par région : le classement 2024

Le tableau ci-dessous reprend le tableau régional de l’enquête EPTB 2024, classé du mètre carré le plus cher au moins cher. La colonne surface éclaire la lecture : on achète petit là où le foncier est cher, grand là où il reste abordable.

Région Prix moyen (€/m²) Surface moyenne (m²) Prix moyen du terrain (€) Évolution 2023/2024
Île-de-France 227 698 158 700 – 8,3 %
Provence-Alpes-Côte d’Azur 217 859 186 400 + 7,9 %
Corse 124 1 014 126 100 + 12,3 %
Pays de la Loire 122 637 77 900 + 5,4 %
Auvergne-Rhône-Alpes 119 1 021 121 300 + 5,9 %
Bretagne 113 671 75 500 + 6,2 %
Grand Est 98 951 92 800 + 6,5 %
Occitanie 93 1 073 99 900 + 1,6 %
Hauts-de-France 89 930 83 000 + 3,3 %
Normandie 73 981 71 300 – 0,8 %
Centre-Val de Loire 69 1 000 69 000 + 7,6 %
Nouvelle-Aquitaine 67 1 208 81 300 – 4,7 %
Bourgogne-Franche-Comté 55 1 263 68 900 – 1,8 %
DROM 153 731 111 600 – 8,3 %
France 102 932 95 000 + 1,7 %

Source : SDES, enquête EPTB, millésime 2024 (publication novembre 2025).

La lecture croisée prix et surface est parlante. En Île-de-France, le budget terrain moyen atteint 158 700 euros pour une parcelle de 698 m². En Bourgogne-Franche-Comté, 68 900 euros achètent 1 263 m². À budget comparable, la surface obtenue varie du simple au double, voire davantage. Le record du budget terrain revient à la région Provence-Alpes-Côte d’Azur : 186 400 euros en moyenne, devant l’Île-de-France.

Ces moyennes régionales masquent des contrastes internes tout aussi marqués. L’enquête chiffre le mètre carré à 63 euros en milieu rural contre 189 euros dans l’aire d’attraction de Paris. Certaines grandes aires urbaines dépassent la moyenne francilienne : 302 euros le mètre carré autour de Marseille, 273 euros autour de Montpellier, 233 euros autour de Perpignan, 221 euros autour de Lyon.

Autre enseignement du tableau : les Pays de la Loire et la Bretagne combinent les parcelles les plus petites de province (637 et 671 m²) avec un prix du terrain à bâtir au mètre carré supérieur à la moyenne nationale. Signe d’un marché littoral tendu qui déborde vers l’intérieur des terres, alors que la Nouvelle-Aquitaine voisine offre encore des parcelles de plus de 1 200 m² à 67 euros le mètre carré.

Une hausse qui ralentit, des trajectoires opposées

Au niveau national, le mètre carré de terrain a augmenté de 2,6 % en 2022, de 8,8 % en 2023, puis de 1,7 % en 2024. La flambée post-inflation se calme, sans inversion de tendance : les prix montent encore dans la majorité des régions, alors même que le nombre de terrains achetés a reculé de 35 % en un an.

Les trajectoires régionales divergent fortement. La Corse (+ 12,3 %), Provence-Alpes-Côte d’Azur (+ 7,9 %) et le Centre-Val de Loire (+ 7,6 %) tirent les prix vers le haut. À l’inverse, l’Île-de-France recule de 8,3 % et la Nouvelle-Aquitaine de 4,7 %. Sur dix ans, le littoral concentre les hausses les plus fortes : + 79 % en Corse, + 59 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur, + 51 % en Pays de la Loire. L’Île-de-France, déjà chère il y a dix ans, n’a progressé que de 4 % sur la période.

Pour un projet qui se décide maintenant, la conclusion pratique tient en une phrase : dans les régions littorales et touristiques, attendre coûte cher ; dans le quart nord-est et le centre du pays, le foncier reste un levier d’économie majeur sur le budget global.

Quelle part du terrain dans le budget total ?

Au niveau national, le terrain représente 30 % du coût total d’un projet de maison individuelle, une part en léger recul (- 0,4 point sur un an). Mais cette proportion varie du tout au tout selon la région. En Provence-Alpes-Côte d’Azur, la maison ne pèse que 56 % de l’investissement global : le foncier en absorbe donc 44 %. En Bourgogne-Franche-Comté, la maison représente 78 % du budget, le terrain restant marginal dans l’équation.

Conséquence directe pour votre plan de financement : dans le Sud-Est et en Île-de-France, la variable d’ajustement principale est la parcelle (surface, localisation, éloignement du littoral ou du pôle urbain). Ailleurs, c’est le projet de construction qui structure le budget. Pour chiffrer ce second poste, notre analyse des prix de la construction d’une maison neuve région par région complète les données foncières de cette page : les deux ensemble donnent le coût complet d’un projet.

Pourquoi le prix affiché n’est pas le prix final

Les moyennes EPTB portent sur le prix d’achat du terrain. Entre ce montant et ce que la parcelle vous coûtera en réalité une fois prête à construire, plusieurs postes s’ajoutent. Ils se négocient ou s’anticipent, mais ils ne disparaissent pas.

  • La viabilisation : un terrain en diffus, hors lotissement, n’est pas toujours raccordé à l’eau, à l’électricité, à l’assainissement et aux télécoms. Le coût dépend de la distance aux réseaux existants et peut transformer une bonne affaire en gouffre. Demandez les certificats de raccordement avant de signer.
  • Les études de sol G1 et G2 : depuis la loi Élan, le vendeur doit fournir une étude géotechnique préalable (G1) en zone d’exposition moyenne ou forte au retrait-gonflement des argiles. L’étude G2, plus poussée, dimensionne les fondations pour la conception. Un sol argileux ou en pente peut renchérir le charpente">gros œuvre de façon sensible.
  • Les servitudes : droit de passage, canalisations enterrées, lignes aériennes, règles de recul imposées par le plan local d’urbanisme. Elles réduisent la surface constructible effective sans réduire le prix demandé.
  • Les frais annexes : frais de notaire, taxe d’aménagement, bornage par un géomètre, raccordement définitif. Aucun n’est spectaculaire pris un par un ; leur cumul se chiffre en milliers d’euros.
  • Les autorisations : la constructibilité affichée dans l’annonce ne dispense pas d’instruire le dossier. Notre guide permis de construire ou déclaration préalable détaille quelle procédure s’applique selon votre projet.

Un réflexe protège de la plupart des mauvaises surprises : faire chiffrer la viabilisation et l’adaptation au sol avant la promesse de vente, pas après. Un contractant général ou un constructeur sérieux intègre ces postes dans son chiffrage initial dès lors qu’il dispose de l’étude G2.

Affiner région par région, puis parcelle par parcelle

Une moyenne régionale sert à cadrer un budget, pas à négocier une parcelle. Entre deux communes distantes de vingt kilomètres, le mètre carré peut varier du simple au triple selon la tension du marché local, la desserte et le zonage. Nous publions des données foncières et immobilières détaillées par département et par ville, appuyées sur les transactions réelles (DVF) et les données INSEE, qui permettent de descendre à cette échelle fine avant de contacter les vendeurs.

Reste ensuite à caler le calendrier. L’achat du terrain précède le dépôt du permis, qui précède l’ouverture du chantier : entre le compromis et la remise des clés, les délais se comptent en mois. Notre article sur la durée de construction d’une maison neuve détaille chaque étape, du sous-seing à la réception.

À retenir du millésime EPTB 2024 : 102 euros le mètre carré en moyenne nationale, un rapport de un à quatre entre régions, un terrain qui pèse 30 % du budget total en moyenne et 44 % en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Des repères solides pour poser un budget réaliste, avant l’indispensable vérification locale.

Sources : SDES, enquête EPTB, « Le prix des terrains et du bâti pour les maisons individuelles en 2024 » (Datalab, novembre 2025) ; millésime 2023 consulté en recoupement.

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